le Biplace C2


Portrait du biplace:


Deux hommes pour  Trois bateaux = un DEFI

K1 + C1 + C2
=
TROIS MEDAILLES OLYMPIQUES LONDRES 2012 ?

Devant, le kayakiste Fabien Lefèvre pagaye désormais à genoux, pas assis. Sa pagaie est simple, plus double comme en kayak, «un vrai chamboulement me donnant souvent l’impression de partir à l’eau côté gauche où je n’ai pas d’appui».
Derrière, le céiste Denis Gargaud-Chanut lui laisse prendre commandes, «confiant en sa bouteille». Dans un même élan, ses deux accros de l’eau vive partent pour un bout de chemin, jamais emprunté, jamais osé, jusqu’aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 : «Nous ambitionnons être deux hommes à y aller avec trois bateaux pour trois médailles !»

FREINER POUR ACCELERER

Aujourd’hui, Fabien parle «d’aventure humaine pour un challenge jamais tenté à ce jour». Et Denis ? «D’excitant coup de poker».
Au bout de leur première saison galonnée par un podium en coupe du monde, Denis jure «avoir gagné quatre années d’expérience en une saison !». Et Fabien ? «De plus en plus, j’arrive à laisser Denis prendre la main sur tel ou tel endroit. Je commence même à oublier quand il l’a !».
Petit à petit, Fabien le kayakiste dompte les ruades du canoë : «En kayak, chaque appui est un moteur, chaque appui compte. Au départ, en canoë, je voulais relancer tout le temps. Maintenant, je pige comment freiner pour mieux accélérer, comment arrondir mes trajectoires, à anticiper plus en amont de chaque porte…».
Petit à petit, Denis le céiste fait son nid : «Certains pensent que ma présence dans le biplace pénalise ma progression en monoplace. Ce fut certainement le cas au cours de la première saison (2008-2009). Certes, j’ai alors moins progressé techniquement en monoplace. Mais, mais, grâce au biplace, j’ai gagné quatre ans d’expérience, gagné une olympiade de boulot : ce gain colossal va me servir pendant longtemps…».






 

LEUR DUO VU PAR DENIS :

«Avec notre entraîneur Jean-Yves Cheutin, notre duo est composé de trois personnes ! Tous les trois, nous sommes contents d’être ensemble, contents de bosser ensemble, tout simplement !» :

LEUR DUO VU PAR FABIEN :

«Avec notre entraîneur Jean-Yves Cheutin, notre duo est un trio représentant trois générations : 20-30-40 ans ! Nos échanges intergénérationnels sont la base de notre défi.»

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LEUR DUO VU PAR JEAN-YVES CHEUTIN, LEUR ENTRAINEUR:

«Chacun notre tour, à des moments différents, on est le bon, le brut et le truand !»

LE PODIUM DE LEURS PREMIERES

1. LEUR PREMIERE NAVIGATION EN OCTOBRE 2008 A PAU :

Denis : «Oh, ce fut la plus grosse frayeur des dix dernières années de ma vie ! A un endroit où ça cartonne, nous avons été obligés de mettre la tête sous l’eau…mais, auparavant, nous n’avions pas décidé si l’esquimautage se ferait à droite ou à gauche !!!»
Fabien : «Heureusement qu’il n’y avait personne pour nous regarder ce jour-là, parce que nous avons navigué à l’arrache comme des quiches ! Ce fut, disons, sportif !!!».

2. LEUR PREMIER PODIUM EN COUPE DU MONDE EN JUIN 2009 A PAU :

_SKE9921Denis : «Même si nous sommes seconds, pour moi, on gagne…juste battus par les Slovaques ! Ce fut une course géniale ! A l’arrivée, je m’arrache. En passant la ligne, je vois que nous battons notre temps des demi-finales de quatre secondes. Alors, je gueule comme un fou, un vrai cri de rage qui fit rire quelques kayakistes femmes à l’échauffement !».

3. LEURS PREMIERS CHAMPIONNATS DU MONDE EN SEPTEMBRE 2009 A SEO D’URGELL (Espagne) :

Denis : «Cette onzième place fut une frustration. Comme le programme n’était pas aménagé, nous courons la demi-finale à 8h30 puis, la mienne en monoplace, à 9 heures. Dans la foulée de notre course, on nous rajoute une pénalité nous écartant de la finale. En vingt minutes, j’ai donc eu du mal à me remobiliser, à effacer mon énervement. Résultat, je fais une erreur grossière : je franchis une porte avec la même trajectoire qu’en biplace. Cet épisode montre la limite de notre défi. Si les instances internationales n’aménagent pas les horaires, concurrencer les meilleurs va être difficile…»

PREMIERES IMPRESSIONS

QUAND FABIEN PASSE DU KAYAK MONOPLACE (K1) AU CANOE BIPLACE (C2) :

«En canoë biplace, tout est démultiplié : les efforts, les échanges, la communication, les plaisirs, les sensations, les émotions. En kayak monoplace, je commençais à me sentir seul. En canoë biplace ; le bonheur vient de l’osmose d’être à deux, de bien naviguer à deux. En kayak monoplace, le bonheur vient de l’osmose avec l’eau vive. En canoë biplace avec une pagaie simple, la navigation est plus aérienne. A genoux, je ressens différemment les mouvements d’eau donc, mon impression de vraiment dominer la rivière est supérieure au monoplace. En kayak où je suis assis et où je bénéficie d’une pagaie double, je domine surtout les figures où les portes sont serrées.

QUAND DENIS PASSE DU CANOE MONOPLACE (C1) AU CANOE BIPLACE (C2) :

«En monoplace, je parle à mon canoë comme s’il était mon équipier. En biplace, je ne parle pas à mon canoë mais, à mon équipier. En monoplace, l’eau n’est pas un obstacle pour moi mais, mon alliée, ma complice. En biplace, elle mue en obstacle. Mais, mon kiffe est de l’affronter grâce à ma synchronisation avec Fabien, grâce à mon envie de rester, quoi qu’il arrive, toujours en phase à mon extraterrestre embarqué.»