Fabien Lefèvre K1
PALMARES
(individuel)
JO 2008 Vice Champion Olympique
JO 2004 Médaillé Olympique
Triple Vice-Champion du Monde 2005(K1), 2010(C2), 2011(C2)
3ème Championnats du Monde 2011 (K1)
Champion du Monde 2003 (K1)
Champion du Monde 2002 (K1)
(par équipe)
Champion du Monde 2005(K1), 2006(K1), 2010(C2), 2011(C2)
Vice-Champion du Monde 2010(K1), 2011(K1)
PORTRAIT
FABIEN, LE CHAT DES RIVIERES
« Etre sur l’eau, l’utiliser, rechercher la fluidité dans ma navigation..rien de plus que mon quotidien depuis 20 années déjà! Ce qui m’éclate aussi, c’est d’emmener des gens dans mon aventure, de les faire vibrer à hauteur de leurs encouragements» résume Fabien Lefèvre le boss du kayak depuis ses débuts en compétition à l’âge de sept ans (*) !
En effet, à part une saison blanche en 2007 dûe à une blessure au poignet, le Palois a réalisé deux olympiades enviables : champion du monde en 2002, champion du monde en 2003, médaillé olympique de bronze en 2004, vice champion du monde du monde en 2005 puis cinquième en 2006 et, médaillé olympique d’argent en 2008 ! Qui dit mieux ?! Lui-même en personne, avec deux médailles olympiques visées à Londres en 2012, une en kayak monoplace et une en canoë biplace ! «Certes, je suis déjà champion mais pas champion olympique ! Ce manquement est le moteur de ma motivation et probablement l’outil justifiant la longévité de ma carrière dans cette catégorie du K1 qui est très exigeante…».
(*) Né le 18 juin 1982 à Orléans.
LUI VU PAR DENIS, SON COEQUIPIER :
«Fabien est à la fois comme mon meilleur ami, comme mon frère, comme un grand frère de substitution qui me fait faire des trucs sérieux. Nous nous entendons même encore mieux quand nous sommes dans le bateau. Là, nous sommes vraiment toujours tout le temps d’accord…vaut mieux d’ailleurs !!!»
LUI VU PAR JEAN-YVES CHEUTIN, SON ENTRAINEUR (*) :
«Son profil est toujours et encore atypique : sa créativité en slalom m’oblige tout le temps à inventer ; la pureté de sa navigation est la meilleure du monde. Aujourd’hui, il est le seul kayakiste capable de relever le défi d’aller chercher une médaille olympique en kayak monoplace et en canoë biplace.»
(*) Jusqu’en 2004, Fabien et Jean-Yves étaient rivaux en kayak monoplace.

SON PODIUM DE PREMIERES
1. SA PREMIERE VICTOIRE, UNE ERREUR DE CHRONO ? :
A l’âge de six ans, Fabien Lefèvre débute le kayak du côté d’Orléans, biberonné à la Loire et à la Sauldre. Dès sa troisième course à l’âge de sept ans, il gagne un slalom régional au pied du château d’Amboise où repose Léonard de Vinci. Alors, il bat haut la pagaie des concurrents ayant trois ans de plus que lui. Sur le bord du bassin, le petit monde du kayak croit même à une erreur de chronomètre. Mais, il n’en est rien, le minot à bel et bien atomisé les cadors : «J’étais tonique, combatif, se souvient Fabien. Mais, surtout, je me rappelle utiliser le courant afin de me propulser plutôt que de lutter contre lui, sans vraiment savoir l’expliquer ».
2. SA PREMIERE HEURE, UN AN DE RETARD ?
En première année cadet, il est déjà en équipe de France junior. Surclassé, comme d’hab le Fab ! En première année junior, il intègre la formation des seniors mais reste au pôle Espoir de Pau. Puis il débarque sur la Garonne pour sa première année senior au pôle France de Toulouse. A cause du 11 septembre 2001, les championnats du monde alors programmés aux Etats-Unis sont annulés. Son heure prend alors un an de retard.
3. SON PREMIER SURNOM, VENU D’UN AUTRE MONDE ?
En août 2002, Fabien Lefèvre devient champion du monde sur ses terres, en domptant les volumineux rouleaux de Bourg Saint-Maurice (Savoie). Dans la foulée, il remporte la Coupe du Monde, à juste vingt ans. Certains l’estampillent déjà «extra-terrestre». Après son bronze olympique en 2004, certains admettent «qu’il a révolutionné la discipline» et le rebaptisent «Fabulous Fab» !
FABIEN PASSE SES MEDAILLES PAR LA GRANDE PORTE …
…il nous raconte par quelle porte sont arrivées ses médailles qui comptent…
CHAMPION DU MONDE EN 2002, «A L’ARRACHE, LA TETE…»
«Sur le dernier stop de la première manche, je fais une grosse erreur detrajectoire : parce que j’avais peur de l’aborder trop bas, j’arrive un peu trop au-dessus. Pour sortir de cette imprécision, j’improvise une réchappe : à l’arrache, je passe in-extrémis la tête dedans…et je termine avec une surprenante avance de deux ou trois secondes ?!? Alors, certains ont cru que c’était programmé : mais, absolument pas ! Depuis, cette réchappe a été baptisée «le stop tête » !»
CHAMPION DU MONDE EN 2003, «DOS AU MUR…»
«J’aborde la seconde manche de la finale avec 1 seconde 65 d’avance. Au milieu du parcours, ma pale glisse sur une fine pellicule d’algues recouvrant un mur sur lequel je voulais prendre appui. Je me casse à moitié la gueule…et, bien sûr, je touche la porte ! Alors, je suis dos au mur, obligé d’accélérer dès la porte «12». Donc, je change de rythme et je serre les fesses. Forcément, j’arrive trop précipité sur la dernière porte. Ma vitesse me déportant, je la touche ! Mais, dans ma tête, c’était fini dans le sprint final et malgré tout, je gagne avec 1seconde60 d’avance…Ma première pensée ?!. Ca y est, je suis sûr de faire les Jeux (*)! Du coup, j’avais un peu zappé que je venais de regagner un second titre… »
(*)le titre donnait un accès direct aux J.O. 2004
BRONZE AUX JEUX OLYMPIQUES EN 2004, «BRAS DE FER CONTRE L’EAU…» :
«A peine lancé dans la première manche de la demi-finale, je touche la toute première porte. Voilà, géniale l’entrée dans les Jeux, je me prends deux secondes de pénalité !!! Quatre ans de préparation pour ça, c’est pas cool ! Je termine la manche cinquième sur des chapeaux de roue. Lors de la seconde, je fais tellement attention de bien passer la première et la seconde porte, je les contourne tellement bien, que je touche la troisième porte !!! Et, je touche avec le truc qui n’arrive jamais : soulevé par une vague, je touche avec l’extrême pointe avant. Alors, je sais que pour le titre olympique ça va être dur. Mais, je continue à me battre jusqu’à l’arrivée. Cette médaille fut gagnée à l’arraché, à la lutte incessante contre les mouvements d’eau. Je m’en suis sorti parce que j’avais un gros bagage de travail technique et physique. Sinon, je coulais !»
ARGENT AUX JEUX OLYMPIQUES EN 2008, «PETIT BRAS DE BOUT EN BOUT…» :
«Comme ce bassin piégeux emportait une pluie de têtes de liste comme Tony Estanguet, j’ai été déstabilisé. Et, je n’ai jamais vraiment réussi à me lâcher, toujours un cran en dessous, toujours sur le qui-vive presque sur chaque porte, toujours poursuivi par l’idée qu’une pénalité coûte très cher aux Jeux, toujours stressé de faire une sortie de route. Bref, jamais libéré ! A l’inverse du champion olympique (l’Allemand Alexander Grimm), je n’ai pas su hisser mon niveau au moment où il le fallait. Je n’ai pas su faire une course de rêve comme Benoît Peschier avait su faire, pour devenir champion olympique, en 2004.»
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